Citroën CX Wagon : le break français que les collectionneurs américains recherchent

Le terme « wagon » désigne en anglais ce que les Français appellent un break. Sur les forums et les sites d'enchères américains, c'est justement sous ce nom que circule la Citroën CX Break, un modèle produit à seulement 129 085 exemplaires entre 1976 et 1991. Voici ce qu'il faut savoir avant de s'intéresser à ce break hors norme : son histoire, ses versions, sa cote actuelle et les points à vérifier avant achat.

En bref

  • La Citroën CX Break (« CX wagon » en anglais) est lancée en janvier 1976, deux ans après la berline.
  • Elle repose sur un empattement allongé de 25 cm et une suspension hydropneumatique héritée de la DS.
  • 129 085 exemplaires ont été produits jusqu'en 1991, contre plus de 913 000 berlines : c'est la version rare de la gamme.
  • Trois grandes déclinaisons existent : le break classique, la Familiale (huit places) et l'Enterprise, version utilitaire commerciale.
  • La cote 2026 va d'environ 3 000 € pour un exemplaire à restaurer à plus de 20 000 € pour un exemplaire GTI Turbo bien conservé.
  • Le poste de dépense principal à budgéter est le circuit hydraulique (sphères et liquide LHM), pas la carrosserie.

Qu'est-ce que la Citroën CX break (le « wagon »)

Un « wagon » américain, un « break » français et un « estate » britannique désignent la même carrosserie : une berline prolongée par un hayon et un volume de chargement plat. Sur la CX, ce choix de vocabulaire n'est pas anodin : le break a longtemps été le format préféré des grandes Citroën, de la Traction Avant à l'ID/DS.

La CX Break arrive en janvier 1976, dix-huit mois après la berline. Citroën ne se contente pas d'ajouter un hayon à la CX 2000 ou 2200 : la version break reçoit un empattement allongé de 25 cm, un plancher plat et un volume de chargement de 2,03 m³ banquette arrière rabattue. Elle conserve l'intégralité des qualités de la berline : suspension hydropneumatique à hauteur variable, freinage assisté à double circuit, direction Diravi à assistance variable selon la vitesse, héritée de la Citroën SM.

Le style reste signé Robert Opron, le même directeur du style qui a dessiné la SM et la GS. Sur le break, le toit en gradin, les montants B et C très fins et le montant D volontairement épaissi donnent un profil reconnaissable entre tous, très différent des breaks concurrents de l'époque, qui se contentaient d'ajouter une boîte au-dessus de la berline.

Histoire et versions : de la berline au break utilitaire

Le succès de la CX berline, Voiture de l'année 1975 devant la Volkswagen Golf et l'Audi 50, entraîne rapidement une déclinaison break élargie. Trois grandes versions se succèdent :

Version Lancement Places Usage
CX Break Janvier 1976 5 Familial et loisirs
CX Familiale Octobre 1976 8 Grande famille, transport de groupe
CX Enterprise Printemps 1984 2 (avant uniquement) Utilitaire, dont ambulances

L'Enterprise, seule version strictement commerciale de la gamme, roule portes arrière fixes et sans banquette, pour un volume utile record de 2 172 dm³. Sa robustesse et son plancher plat en font rapidement une référence pour la carrosserie d'ambulance, un usage confirmé par les archives constructeur.

Côté motorisation, le break bénéficie des mêmes évolutions que la berline : moteurs essence de 2,0 à 2,5 litres, injection à partir de 1977, puis turbo diesel à partir de 1983. Le haut de gamme du break reprend les blocs de la GTI, jusqu'au 2 500 cm³ Turbo 2 de la fin des années 1980. En 1985, la CX GTI devient la première voiture française équipée de l'ABS ; l'équipement est ensuite étendu à l'ensemble des variantes à gros moteur, breaks compris.

Fait notable pour les amateurs : quand la berline s'arrête en 1989 pour laisser place à la XM, le break continue. Sa fabrication est transférée chez le carrossier Heuliez, à Cerizay, et se poursuit jusqu'en 1991, le temps que la version break de la XM soit prête. Sur toute la carrière du modèle, seuls 129 085 breaks sont sortis d'usine, contre plus de 913 000 berlines : c'est cette rareté relative qui explique l'intérêt croissant des collectionneurs, en France comme à l'étranger.

Série 1 ou série 2 : ce qui change vraiment

En 1985, la CX reçoit un restylage qui marque la bascule vers ce que les amateurs appellent la « série 2 ». Le choix entre les deux séries dépend surtout de ce que le futur propriétaire recherche : l'ambiance d'origine ou le confort d'équipement.

Critère Série 1 (1974-1985) Série 2 (1985-1991)
Pare-chocs Chromés, fins Larges, teinte carrosserie
Planche de bord Console « lunule » spatiale, cadrans ronds excentrés Cadrans classiques, ambiance plus conventionnelle
Rétroviseurs Petits, discrets Plus imposants, chauffants sur finitions hautes
Équipement Sobre, selon millésime ABS, verrouillage centralisé, climatisation généralisée
Recherche des collectionneurs Puristes, ambiance « vaisseau spatial » Amateurs de confort et de fiabilité électrique

La série 1 séduit pour son tableau de bord futuriste, jugé plus fidèle à l'esprit d'origine de la CX. La série 2 gagne en fiabilité électrique et en équipement, au prix d'un habitacle jugé par certains moins original.

Cote et prix en 2026

Le marché de la CX reste un marché de niche, avec des écarts de prix importants selon l'état, la motorisation et la version. D'après les annonces observées en France à l'automne 2026, la fourchette se présente ainsi :

État / version Prix constaté
Break à restaurer, moteur essence de base 3 000 à 5 000 €
Break ou berline Prestige, état moyen 6 000 à 13 000 €
Berline ou break GTI, bon état, moteur essence 12 000 à 20 000 €
GTI Turbo 2 ou exemplaire d'exposition, très bon état 20 000 € et plus

Sur les 10 dernières annonces analysées à l'échelle du modèle CX (berlines et breaks confondus), le prix médian se situait autour de 13 000 €. Les breaks isolés, plus rares, se négocient en général au-dessus de cette médiane pour un état comparable : un exemplaire série 2 bien conservé s'est récemment échangé autour de 22 000 €, contre environ un dixième de cette somme dix ans plus tôt. La tendance est donc clairement à la hausse, mais reste loin de la cote d'un break DS, qui se négocie en général au double.

Pour qui la CX wagon est-elle un bon achat

  • Bon choix pour un amateur qui roule peu, entretient sa voiture chez un spécialiste identifié du système hydropneumatique et recherche un usage de collection plutôt qu'un usage quotidien.
  • Bon choix pour qui privilégie l'espace : le plancher plat et le volume de chargement restent, aujourd'hui encore, supérieurs à la plupart des breaks de collection de la même époque.
  • Mauvais choix pour un premier achat de collection sans réseau de spécialistes à proximité : les pièces hydrauliques spécifiques (sphères, LHM) ne se trouvent pas chez n'importe quel garage.
  • Mauvais choix comme investissement pur : la cote progresse, mais reste très inférieure à celle des DS et des modèles américains équivalents en rareté.

Points de vigilance avant achat

Le circuit hydraulique est le point technique central de toute Citroën à sphères, la CX comme la DS. Avant achat, il convient de vérifier la hauteur de caisse au démarrage, l'absence de fuite au niveau des sphères et des durites, et la date du dernier remplacement du liquide LHM, un fluide spécifique incompatible avec un liquide de frein classique. Un contrôle par un spécialiste identifié du système hydropneumatique, avant signature, évite le mauvais diagnostic sur un point que peu d'ateliers généralistes maîtrisent encore.

La carrosserie mérite également une attention particulière sous les bas de caisse et autour des passages de roue arrière, zones classiques de corrosion sur un modèle de cet âge. Sur un break, le hayon et ses charnières sont un point supplémentaire à vérifier, du fait du poids de l'ouvrant.

Image : Alf van Beem, CC0 (recadrée), via Wikimedia Commons