Buick Riviera FWD : quelles générations, et laquelle choisir ?

La Buick Riviera a changé de nature en 1979. Après seize ans de propulsion, elle est passée à la traction avant, un choix qui a marqué trois générations jusqu'à l'arrêt du modèle en 1999. Beaucoup d'amateurs confondent encore les Riviera « à l'ancienne », propulsion et V8, avec ces versions FWD (front-wheel drive, traction avant) plus récentes et moins recherchées. Voici comment les distinguer, ce qu'elles valent mécaniquement et pour quel profil d'acheteur elles ont un sens.

En bref

  • La Buick Riviera passe à la traction avant en 1979, sur la plateforme E-body partagée avec la Cadillac Eldorado et l'Oldsmobile Toronado.
  • Trois générations sont concernées : 1979-1985, 1986-1993 et 1995-1999, séparées par une interruption de production en 1994.
  • Le moteur de référence des versions FWD est le V6 Buick 3,8 litres, décliné en atmosphérique, turbo puis suralimenté selon les années.
  • La génération 1979-1985 reste la plus recherchée des trois FWD : elle garde une ligne proche de la Riviera à propulsion et un choix de V8.
  • Les générations 1986-1993 et 1995-1999 intéressent surtout les amateurs de technologie d'époque (écran tactile, V6 suralimenté) plutôt que les collectionneurs de muscle cars.
  • La cote de ces Riviera reste nettement en dessous de celle des générations à propulsion des années 1960 et 1970.

Quand la Buick Riviera est-elle passée à la traction avant ?

Buick bascule la Riviera en traction avant pour le millésime 1979, dans le cadre du programme de réduction de poids engagé par General Motors sur l'ensemble de sa gamme : grandes berlines en 1977, intermédiaires en 1978, puis coupés personnels E-body en 1979. La nouvelle Riviera partage sa plateforme avec l'Oldsmobile Toronado, elle-même pionnière de la traction avant chez GM dès 1966, et avec la Cadillac Eldorado. Buick avait jusque-là résisté à cette évolution, préférant la propulsion qui équipait la Riviera depuis son lancement en 1963.

Le résultat est une voiture plus courte d'environ trente centimètres et plus légère d'une trentaine de kilos par rapport au millésime 1978. Ce changement de motricité vaut à la Riviera 1979 le titre de Car of the Year décerné par Motor Trend, une distinction qui dope immédiatement ses ventes.

Buick Riviera 1979-1985 : la première génération à traction avant

Cette génération, parfois appelée sixième génération dans la numérotation historique du modèle, reste la plus proche dans l'esprit de la Riviera à propulsion qu'elle remplace. Elle conserve un empattement de 114 pouces (2 896 mm) et un choix de motorisations encore varié, V8 compris.

Plateforme et mécanique

La caisse E-body de 1979 repose sur une suspension avant indépendante à barres de torsion et une suspension arrière à ressorts à lames avec barre stabilisatrice. La direction à billes recirculantes est assistée de série, et les freins associent des disques à l'avant à des tambours à l'arrière, avec un montage quatre disques disponible en option. La boîte-pont (transmission intégrée au différentiel, propre aux architectures à traction avant) est une TH-325 à trois rapports, remplacée en cours de génération par une THM325-4L à quatre rapports.

Motorisations disponibles

Quatre blocs se succèdent sur cette génération :

Moteur Cylindrée Puissance Période
V6 Buick turbo 3,8 L (231 ci) 185 ch en 1979, 190 ch et 300 lb-pi en 1985 1979-1985
V6 Buick atmosphérique 4,1 L (252 ci) 125 ch à partir de 1981
V8 Oldsmobile 5,0 L (307 ci) 140 ch à partir de 1981, remplace le V8 350 ci
V8 diesel Oldsmobile 5,7 L (350 ci) 105 ch et 200 lb-pi jusqu'en 1985

Le V6 turbo, sans intercooler, figurait parmi les moteurs les plus puissants du marché américain en 1979. C'est lui qui équipe la version sportive de la gamme, présentée l'année suivante en voiture pace car des 500 miles d'Indianapolis dans une édition développant 410 ch.

Versions S-Type et T-Type

La finition sportive s'appelle S-Type en 1979 et 1980, avec sellerie noire, rétroviseurs sport et jantes Designer's Sport. Elle devient T-Type à partir de 1981, toujours associée au V6 turbo. En 1982, la Riviera reçoit sa première carrosserie cabriolet depuis des années, un modèle limité à 1 248 exemplaires cette année-là contre 4 823 coupés. En 1983, une édition « Riviera XX » célèbre les vingt ans du modèle.

Production et chiffres de vente

La production de cette génération s'étale de 52 181 unités en 1979 à 65 305 en 1985, année record. Au total, 370 282 exemplaires sont sortis d'usine entre 1979 et 1985, dont 337 324 coupés, 29 060 T-Type et 3 898 cabriolets. En 1985, dernière année de la génération, le coupé de base s'affichait à 16 700 dollars, le T-Type à 17 650 dollars et le cabriolet à 26 800 dollars.

Buick Riviera 1986-1993 : la traction avant en carrosserie monocoque

Le restylage de 1986 change radicalement l'architecture de la voiture. La Riviera abandonne son châssis séparé pour une carrosserie monocoque, avec un empattement réduit à 108 pouces (2 743 mm) et une longueur de 187,8 pouces, portée à 198,3 pouces après le restylage de 1989.

Le V6 3,8 litres, seul moteur au catalogue

Buick simplifie la gamme à l'extrême : un seul moteur est proposé, le V6 3,8 litres atmosphérique, dans des variantes (LG2, LG3, LN3) qui développent entre 140 et 170 ch selon les années. La transmission automatique associée est une THM440-T4 à quatre rapports. Cette simplification tranche avec la génération précédente, qui offrait encore le choix entre V6 et V8.

L'écran tactile Graphic Control Center

La Riviera 1986 introduit un écran tactile CRT de 9 pouces, baptisé Graphic Control Center, qui pilote l'autoradio, la climatisation et plusieurs fonctions du tableau de bord. Cette innovation, en avance sur son temps, est mal accueillie par la clientèle : jugée peu fiable et peu pratique à l'usage, elle disparaît dès le millésime 1990. C'est le principal point faible identifié sur cette génération, à vérifier en priorité sur un exemplaire qui l'a conservé.

Restylage de 1989

En 1989, la carrosserie s'allonge de 11 pouces (280 mm), ce qui corrige une critique récurrente faite au modèle de 1986 : une ligne jugée trop compacte par rapport à l'image traditionnelle du coupé personnel Buick.

Chiffres de production

Les ventes chutent fortement sur cette génération, signe d'un modèle qui peine à convaincre face à la concurrence : 22 138 unités en 1986, un creux à 8 625 en 1988, puis un rebond à 22 526 en 1990 après le restylage, avant une nouvelle dégringolade jusqu'à 4 555 exemplaires en 1993. Au total, 119 748 Riviera sont produites sur cette génération, soit un tiers du volume de la génération précédente.

Buick Riviera 1995-1999 : le retour et la fin de la traction avant

Après une interruption de production en 1994, la Riviera revient en 1995 sur la plateforme G, partagée avec l'Oldsmobile Aurora et la Cadillac Seville.

Le V6 suralimenté 3,8 litres

Le millésime 1995 propose un V6 3,8 litres atmosphérique de 205 ch (L36), avec en option un V6 suralimenté L67 de 225 ch. À partir de 1996, ce V6 suralimenté devient la motorisation de référence et grimpe à 240 ch et 280 lb-pi, un niveau de performance qui permet un 0 à 60 mph en moins de 7 secondes et un quart de mile en 15,5 secondes.

Plateforme G et équipements

Cette génération abandonne l'identité technologique de la précédente au profit d'un équipement plus classique pour l'époque. L'option OnStar, système d'assistance et de géolocalisation embarqué, est ajoutée en 1998.

Fin de production en 1999

La production s'arrête après le millésime 1999, dernier d'une lignée commencée en 1963. Les 200 derniers exemplaires, baptisés Silver Arrow, reçoivent une peinture et des garnitures argentées spécifiques. Le recul des ventes de coupés deux portes sur l'ensemble du marché américain explique l'arrêt du modèle, plus que la qualité intrinsèque de cette dernière génération.

Propulsion ou traction avant : comment distinguer les générations de Riviera ?

Génération Années Motricité Plateforme Moteurs
1re et 2e génération 1963-1970 Propulsion E-body (châssis séparé) V8 Nailhead 401 à 455 ci
3e et 4e génération 1971-1976 Propulsion B-body V8 455 puis V8 bridé par les normes antipollution
5e génération 1977-1978 Propulsion B-body réduit V8 350 Buick ou 403 Oldsmobile
6e génération 1979-1985 Traction avant E-body (châssis séparé) V6 turbo 3,8 L, V6 4,1 L, V8 5,0 L, V8 diesel 5,7 L
7e génération 1986-1993 Traction avant E-body (monocoque) V6 3,8 L atmosphérique uniquement
8e génération 1995-1999 Traction avant Plateforme G V6 3,8 L atmosphérique ou suralimenté

Un repère simple pour identifier une Riviera FWD sans ouvrir le capot : le moteur est monté transversalement et il n'y a pas d'arbre de transmission longitudinal sous la voiture. Sur les générations à propulsion, le long capot cache un V8 monté dans le sens de la marche, avec un arbre de transmission visible sous le plancher.

Quelle génération de Riviera FWD choisir selon votre profil ?

  • Premier achat d'une américaine FWD : la génération 1979-1985 est le choix le plus simple. Elle garde une ligne proche des Riviera à propulsion, une mécanique répandue (V8 Oldsmobile ou V6 turbo) et une communauté de propriétaires plus large.
  • Budget serré : les exemplaires de la génération 1986-1993, surtout sans l'écran tactile d'origine, se négocient en dessous des autres générations FWD, faute de demande des collectionneurs.
  • Usage routier régulier : le V6 suralimenté de la génération 1995-1999 offre les performances les plus proches d'une voiture moderne, avec une mécanique GM largement documentée et des pièces encore disponibles.
  • Projet de restauration poussée : évitez la génération 1986-1993 si l'écran tactile Graphic Control Center est encore en place et fonctionnel : les pièces de rechange pour ce module sont rares.
  • Recherche d'une voiture à forte cote : aucune des trois générations FWD n'est faite pour ce profil. Ce sont les Riviera à propulsion des années 1960, notamment la première génération 1963-1965, qui concentrent l'intérêt des collectionneurs et la valeur de revente.

Quels sont les points faibles connus des Riviera à traction avant ?

  • Le V8 diesel Oldsmobile 350 de la génération 1979-1985 souffre de la réputation installée par les moteurs diesel GM de cette époque : fiabilité fragile et puissance limitée à 105 ch, à éviter sur un usage quotidien.
  • L'écran tactile Graphic Control Center (1986-1989) est le point de vigilance numéro un de la génération 1986-1993 : son retrait dès 1990 par Buick elle-même en dit long sur son manque de fiabilité à l'usage.
  • Le V6 turbo 3,8 litres sans intercooler de la génération 1979-1985 demande un entretien rigoureux du circuit d'alimentation et du turbocompresseur, des pièces plus difficiles à trouver aujourd'hui qu'un bloc V8 Oldsmobile classique.
  • La corrosion des bas de caisse et des passages de roue, comme sur la plupart des américaines de cette période, reste le premier poste de dépense à vérifier avant tout achat, quelle que soit la génération.

Ces Riviera ne constituent pas un placement : leur cote reste stable mais modeste, loin de celle des muscle cars et des Riviera à propulsion des années 1960. Elles conviennent avant tout à un amateur qui cherche un coupé personnel confortable, roulant au quotidien, plutôt qu'une voiture de collection à faire fructifier.

Image : MercurySable99, CC BY-SA 4.0 (recadrée), via Wikimedia Commons