La Ford Mustang 1967 marque la première vraie refonte de la pony car lancée en 1964. Carrosserie agrandie, nouvelle calandre, compartiment moteur revu pour accueillir un V8 gros bloc : ce millésime change plus de choses qu'il n'y paraît. Avant d'acheter, mieux vaut savoir quels moteurs équipaient réellement cette génération, combien coûte aujourd'hui un exemplaire en état de rouler, et quels sont les points faibles à vérifier sur une voiture qui a maintenant près de 60 ans.
En bref
- La Mustang 1967 reçoit une carrosserie élargie, une nouvelle calandre et un compartiment moteur agrandi pour loger un V8 FE 6,4 L.
- Cinq motorisations sont disponibles : un 6 cylindres 3,3 L de 122 ch et quatre V8, du Windsor 4,7 L de 203 ch au FE 6,4 L d'environ 324 ch.
- Une Fastback à restaurer se négocie entre 6 000 et 15 000 €, une version roulante en bon état entre 30 000 et 60 000 € en 2026.
- Les versions Shelby GT350 et GT500 1967 dépassent largement ces budgets, jusqu'à 120 000 € pour une GT500 en parfait état.
- La rouille sur les bas de caisse et les planchers, l'électricité vieillissante et le freinage à tambour d'origine sont les points à vérifier en priorité.
- La carte grise de collection FFVE allège le contrôle technique (tous les 5 ans au lieu de 2) à condition que la voiture ait plus de 30 ans et conserve sa configuration d'origine.
Qu'est-ce qui change sur la Mustang 1967 par rapport aux modèles 1965-1966 ?
La Mustang 1965-1966 reste proche du prototype présenté en 1964. La version 1967 est la première refonte sérieuse du modèle, pensée alors que les ventes du modèle initial étaient déjà un succès.
La carrosserie s'élargit. L'habitacle et le coffre gagnent en volume. Les feux arrière deviennent concaves, les rétroviseurs passent à une forme carrée, et la calandre adopte un dessin plus musclé. Le changement le plus structurant reste invisible de l'extérieur : le compartiment moteur est redessiné pour accueillir un V8 gros bloc, un moteur de cylindrée nettement supérieure aux blocs utilisés jusqu'alors sur la Mustang.
À l'intérieur, les motifs de cheval en relief sur les dossiers disparaissent. La Rally-Pac, ce combiné compte-tours et horloge monté sur la colonne de direction, laisse place à un tableau de bord qui intègre directement ces instruments en option. Des garnitures en aluminium brossé ou en similibois habillent la planche de bord sur les versions les mieux équipées.
Quels moteurs équipent la Ford Mustang 1967 ?
Cinq motorisations figurent au catalogue 1967, du 6 cylindres d'entrée de gamme au V8 gros bloc réservé aux amateurs de puissance.
| Moteur | Cylindrée | Puissance | Profil |
|---|---|---|---|
| 6 cylindres Thriftpower | 3,3 L | 122 ch | Usage quotidien, entretien simple |
| V8 Windsor 2 corps | 4,7 L | 203 ch | Bon compromis budget/caractère |
| V8 Windsor 4 corps | 4,7 L | 228 ch | Agrément routier sans excès |
| V8 Windsor HiPo | 4,7 L | 275 ch | Version sportive, suspension renforcée |
| V8 FE | 6,4 L | environ 324 ch | Gros bloc, le même que sur la Thunderbird de l'époque |
Source : fiche technique Ford Mustang première génération, données constructeur consolidées.
Deux précisions avant d'arbitrer entre ces blocs. Le terme big block désigne un V8 de grosse cylindrée, à partir de 6,4 L environ sur cette génération : il pèse sensiblement plus sur le train avant qu'un Windsor 4,7 L, ce qui modifie l'équilibre de la voiture. Les versions Shelby GT350 et GT500 1967, bien distinctes de la gamme Mustang standard, embarquent leurs propres préparations moteur et grimpent nettement au-dessus de ces chiffres.
Pour un usage quotidien, le V8 Windsor 4 corps de 228 ch reste le choix le plus équilibré : assez de caractère sans la lourdeur du gros bloc. Pour une restauration fidèle à l'esprit sportif du millésime, le HiPo 275 ch ou le FE 6,4 L sont les références recherchées par les collectionneurs, au prix d'un entretien plus pointu.
Combien coûte une Ford Mustang 1967 en 2026 ?
Le prix dépend d'abord de l'état du véhicule, bien avant la motorisation.
| État du véhicule | Prix constaté en 2026 |
|---|---|
| Fastback à restaurer | 6 000 à 15 000 € |
| Coupé ou Fastback en état de rouler | 30 000 à 60 000 € selon kilométrage |
| Cabriolet en bon état | jusqu'à 70 000 € |
| Shelby GT350 à restaurer | environ 60 000 € |
| Shelby GT500 en parfait état | jusqu'à 120 000 € |
Source : Courtage Auto, cotes 2026.
Ces fourchettes se confirment sur le terrain. Un exemplaire Fastback 289 (4,7 L) restauré sur plus de 700 heures de travail, avec un seul propriétaire en France depuis dix ans, s'est négocié 69 900 € sur la plateforme Carsup. Le coût de la restauration seule, menée en atelier spécialisé, dépassait déjà 37 000 €, et une expertise post-travaux évaluait la voiture à 80 000 €. L'écart entre coût de restauration et valeur finale illustre pourquoi un chantier mal maîtrisé ne se rentabilise pas toujours.
Fastback, coupé ou cabriolet : quelle carrosserie choisir ?
Les trois carrosseries ne visent pas le même usage ni le même budget.
- Coupé : la carrosserie la plus répandue en 1967, donc la plus accessible à l'achat. Bon point d'entrée pour un premier achat sans viser la rareté.
- Fastback : toit incliné popularisé par son rôle dans Bullitt en 1968. Cette association culturelle tire sa cote vers le haut, souvent plusieurs milliers d'euros au-dessus du coupé pour un état comparable.
- Cabriolet : la carrosserie la plus chère à l'achat et à l'entretien, du fait d'une structure renforcée et d'une capote à surveiller. Les prix grimpent jusqu'à 70 000 € pour un exemplaire en bon état.
Pour un budget serré, la coupé à moteur Windsor reste le meilleur pari. Pour la revente ou le plaisir de posséder la silhouette la plus photogénique du millésime, la Fastback justifie son surcoût.
Quels sont les points faibles connus de la Mustang 1967 ?
Une voiture de 1967 n'a plus rien d'une mécanique moderne, et certains points méritent une vérification systématique avant achat.
- Rouille : les ailes avant, les bas de caisse, les planchers et les bas de pare-brise sont les zones les plus exposées. Une expertise de carrosserie au marteau magnétique est indispensable avant toute offre.
- Freinage : les versions d'origine sont équipées de tambours sur les quatre roues, moins efficaces que le disque avant proposé en option. Vérifiez si cette option a été montée.
- Électricité : le câblage d'origine, en 12 V sur cette génération, vieillit mal et provoque des pannes intermittentes difficiles à diagnostiquer.
- Direction et suspension : le jeu dans la biellette de direction et l'usure des silentblocs se traduisent par un comportement flottant sur route, fréquent sur un véhicule jamais révisé.
- Pièces d'origine manquantes : une voiture revendue avec un moteur ou une boîte qui ne sont pas d'origine perd sa qualification matching numbers, c'est-à-dire la correspondance entre les numéros de série du moteur, de la boîte et de la caisse. Cette correspondance pèse directement sur la cote.
Ces défauts ne disqualifient pas la Mustang 1967. Ils expliquent en revanche l'écart de prix entre un exemplaire « à restaurer » et un exemplaire déjà repris en main par un atelier sérieux.
Comment immatriculer une Mustang 1967 en France ?
La mention « Collection » sur la carte grise simplifie l'usage au quotidien d'une Mustang 1967.
Pour l'obtenir, le véhicule doit avoir plus de 30 ans, ne plus être produit, et conserver sa configuration d'origine. L'identification passe par la plaque constructeur ou la frappe à froid du numéro de série. Le véhicule doit par ailleurs rester apte au contrôle technique.
Cette carte grise donne droit à des plaques à chiffres blancs sur fond noir, et surtout à un contrôle technique tous les 5 ans au lieu de 2. Le dossier se dépose auprès de la FFVE (Fédération française des véhicules d'époque), seul organisme habilité à délivrer cette attestation.
Pour quel profil la Mustang 1967 est-elle un bon achat ?
Le bon choix dépend moins du modèle que du profil de l'acheteur.
- Premier achat, budget serré : une coupé à moteur Windsor 4,7 L en état correct, autour de 30 000 €, offre le meilleur compromis entre coût d'entrée et fiabilité mécanique.
- Usage régulier : privilégiez une voiture déjà révisée avec freins à disque avant, pour limiter les mauvaises surprises sur route.
- Collection ou investissement : la Shelby GT500 ou un cabriolet matching numbers conservent la meilleure tenue de cote, mais à des budgets qui dépassent largement ceux d'une Mustang standard.
- Projet de restauration : un exemplaire à 6 000-15 000 € peut séduire, à condition d'anticiper un budget de restauration comparable à l'exemple constaté, plus de 37 000 € pour un chantier complet mené en atelier.
Une Mustang 1967 n'est pas un achat qui se décide sur la seule puissance du moteur affichée. L'état de la caisse, la cohérence des numéros et le budget d'entretien annuel pèsent davantage sur la satisfaction à long terme que les chevaux sous le capot.
Image : Syced, CC0 (recadrée), via Wikimedia Commons
